DE VRAIS CINGLÉS DE CINÉMA
rencontre/signature autour du livre De vrais cinglés de cinéma. La salle de cinéma, avec amour et acharnement de Sixtine Audebert et Samuel Guillerand (Mono Tone Éditions / RQM Éditions)
 
samedi 13 juin de 15 à 17h
 
à Hors-circuits
4 rue de Nemours - 75011 Paris

 

le livre
 
Préfacé par Philippe Rouyer et Xavier Leherpeur, De vrais cinglés de cinéma. La salle de cinéma, avec amour et acharnement de Sixtine Audebert et Samuel Guillerand, propose en quelques 520 pages illustrées une véritable excursion parallèle à travers Paris, capitale indiscutable du 7e art ; réalisé à hauteur de strapontin, le livre laisse la parole au spectateur anonyme afin de porter un éclairage sur le gros mot de «cinéphilie» — et son jumeau maléfique «cinéphagie»—, en explorant la pratique extrême du cinéma en son milieu d’expérimentation naturel, la salle.
 
Pour ses plus fervents adorateurs, y-a-t-il une vie en dehors des salles de cinéma ?
 
Dix-sept témoignages hors normes, une galerie de portraits hauts en couleur allant de 16 à 82 ans et incluant toutes les catégories sociales, dont l’unique point commun est le refus d’un certain être au monde moderne et une radicalité intuitive, née d’un amour inconditionnel du cinéma — plusieurs centaines de films par an, jusqu’à 1200 projections en salle pour les plus acharnés (c’est-à-dire trois films par jour). Tous les genres sont convoqués dans un déluge de références : excroissances bis (horreur, SF, polar, western), Art et Essai et cinéma indépendant, muet ou expérimental, patrimoine comme actualité… En contrepoint, projectionnistes et caissiers racontent leurs heurs et malheurs dans l’accueil de ce public si particulier.
 
Le cinéma étant incontestablement l’un des loisirs les mieux partagés du monde, le miroir grossissant de l’obsession de ces mercenaires permettra au lecteur avisé de toucher du doigt ce que tout un chacun peut y cueillir et de mesurer la place importante (trop sous-estimée) qu’il occupe dans nos vies ; toute l’humanité qu’il contient.
 

les auteurs
 
Sixtine Audebert collabore depuis 10 ans à l’émission Mauvais Genres sur France Culture et contribue à quelques publications dont Mad Movies. Elle enseigne également la littérature et l’histoire des médias dans différentes universités parisiennes : ses recherches portent sur les liens entre la presse spécialisée et la culture jeune en France, entre les années 1950 et 1990.
 
Samuel Guillerand est musicien, pigiste, microéditeur et auteur d’une douzaine d’ouvrages articulés autour de sujets subculturels qui le captivent depuis son adolescence, incluant diverses esthétiques appartenant au rock underground, certaines histoires singulières de presse des années 1980 et 1990, ainsi que tout un pan ombragé de la littérature, de la bande-dessinée et du cinéma.
 
 

 
extraits
 
Edgar B. (44 ans) : « J’ai tenu ce rythme dément de quatre à cinq films quotidiens pendant sept à huit mois. Je regardais environ vingt-cinq films en salle par semaine. Inutile de préciser que ce genre de marathon est extrêmement aliénant psychologiquement. J’avais des maux de tête épouvantables… Je ne conservais de ces séances qu’un tunnel d’images, un maelstrom de séquences mélangées les unes aux autres. Sans me l’avouer, je me perdais dans une sorte de transe visuelle. Un film en écrasait un autre. Le plaisir simple de “se faire une toile” a très rapidement été remplacé par une boulimie incontrôlable. Découvrir des films à tout prix… J’achetais et épluchais Pariscope, que je cochais et annotais dans une fièvre organisationnelle, obsédé par l’idée maladive de TOUT voir. »
 

Xavier B. (54 ans) : « Je n’ai personnellement jamais banalisé l’expérience de la salle… En y réfléchissant, c’est peut-être ce qui explique ma curiosité inaltérable pour le sujet qui nous intéresse ici. Je me souviens très précisément des séances au Cosmos auxquelles je me rendais en compagnie de mon père au début des années 1980, où tout semblait extrêmement compliqué, ce qui leur donnait des airs de véritables périples. Nous partions très tôt en voiture de notre banlieue, traversions villes voisines, périphériques et divers quartiers de Paris, où la circulation n’était jamais fluide et où se garer relevait du cauchemar éveillé ; des aléas nous obligeant à dîner sur le pouce dans un restaurant proche du cinéma afin d’être suffisamment en avance dans la file d’attente pour bénéficier de bonnes places. Que de contraintes et de stress… À chaque fois, une épopée poussive et interminable, un « apprentissage » à la dure, dont je me rappelle chaque instant avec un immense plaisir, constituant des souvenirs extrêmement forts, pour ne pas dire « enchantés », que ne pourra définitivement jamais égaler un DVD regardé dans mon salon. Trente ans plus tard, mon rapport à la salle n’a pas changé d’un iota. Ce lieu plongé dans le noir, strié d’un rai de lumière, me fascine toujours autant. Rien n’arrive à me démotiver quand il s’agit de m’installer dans un siège, face à l’écran. Une bonne séance, cela se mérite. »
 
 
 
 
 

 

 
HORS-CIRCUITS,
4 rue de Nemours, 75011 Paris
(métro Parmentier ou Oberkampf)
Tél : 01 48 06 32 43
E-mail : info@horscircuits.com
 
 
 
 
 

 

 
 
 
 
 

 

 
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